Quelques photos prises entre Villers sur Mer et Houlgate, au pied des falaises dites des Vaches Noires
Les « Vaches noires » auraient été nommées ainsi parce que les blocs noirs, tombés des falaises et plus ou moins malmenés par la mer feraient penser, vus de la mer, à des vaches sur la plage. C’est ce que l’on dit, pourquoi pas ?
Parti en ballade par un jour d’hiver de brume et de froid, découvrant une forêt transcendée par le givre, le silence : la brume immobile se dépose sur les branches et les recouvre, jusqu’au plus fines d’une légère pellicule blanche. Moment de pure magie, hors du temps et du monde, dans une forêt de verre.
Lu dans Dersou Ouzala, récit d’une série d’explorations de l’est sibérien et d’une relation d’amitié entre le capitaine Arséniev (auteur des récits, topographe qui conduit les expéditions) et Dersou Ouzala (chasseur autochtone, « golde ») qui décrit aussi les relations de ces deux personnages avec la nature, je suis absolument agnostique mais en lisant cette phrase j’ai repensé à ce moment dans la forêt « givrée »: « Il est de ces instants où l’homme s’emplit de vertu et entre en communion avec Dieu. Cela ne peut s’exprimer par les mots, il faut l’avoir ressenti dans sa chair, privilège réservé à qui sait placer la contemplation de la nature au-dessus des plaisir de la ville….« . [Dersou Ouzala, Vladimir Arseniev, page 572, éditions Transboréal. Nouvelle traduction. 2021]
Quelque chose de ressenti aussi autrefois lors de mes randonnées dans les Pyrénées, à un moment, immergé dans « la nature », faisant partie de la nature qui cesse d’être un paysage.
Le ver de soleil au-dessus d’une mer de nuages dont les vagues se fracassent sur les falaises de Clécy. La brume persiste un moment au dessus de l’Orne, le long des falaises.
Présentation de travail de la compagnie ELLAYA (Laura Mazeaud [Chorégraphe], Judith Arazi et Shirley Damoisoncapello) au Sillon : Tribulations de jeunes filles [dé]rangées. Beau travail, sur la contrainte et la protestation (ma lecture). Beaucoup de dynamisme, de mouvement, sans céder sur la recherche de la cohérence et mettant l’esthétique au service du propos.
Des musiciens de l’Orchestre Régional de Normandie et Taya Skorokhodova dans des répétitions de « Intérieur » spectacle qui articule quatre modalités d’expression artistique (Musique, texte, danse et peinture) à partir de l’œuvre du peintre danois Vilhelm Hammershøi. Dans les locaux de la Rennaissance à Mondeville et de la Bibliothèque A. de Tocqueville à Caen.
Sur des textes de Philippe Delerm, Benjamin Lazar, regard artistique, Julie Brochier, costumes, Taya Skorokhodova, mise en scène et interprétation, Alain Hervé, hautbois, Agnès Vesterman, violoncelle, Karinn Helbert, cristal baschet
Moments intimistes, émouvants, du spectacle en préparation, et le plaisir d’assister à un travail de création d’artistes de talent.
L’automne encore, là où, comme le disent les promeneurs ramasseurs de champignons que j’ai croisé : « c’est le moment de faire des photos », peut-être aussi de jouer avec ce que l’on obtient pour essayer de sortir un peu de la reproduction de toujours la même chose.
Des photos et des montages.
Cette formule de Giuseppe Penone encore : « La clarté du sentier bien tracé est stérile », pour ce qui est de la perception ou de la possibilité de se laisser aller à absorber les couleurs…
Brève ballade en forêt, Saint Martin de Sallen, vers la fin de l’après midi, le feuillage, les fougères, lé soleil qui descend que l’on ne voit pas, sinon par les rayons qui s’accrochent aux feuilles. S’avancer hors des sentiers ou des chemins. Apparemment il n’y a pas de chasseur.
Une phrase de Giuseppe Penone dans une petite brochure (paroles d’artistes – FAGE éditions) : « C’est un bon sentier que celui qui se perd dans un taillis d’arbustes qui se referment vite derrière le passant… » et plus loin : « La clarté du sentier bien tracé est stérile » ou bien : « Le sentier disparu est bien celui qu’il faut parcourir, le but est de perdre le sentier pour le retrouver et le parcourir à nouveau… » [page 34]
Pour recevoir la lumière des feuilles, deviner les cascades de fougères il faut s’enfoncer dans le sous-bois, au hasard.
C’est l’automne, les fougères se dessèchent. Après la pluie, dans les sous-bois humides les feuilles flambent dans la lumière du soleil à travers les feuilles. Et de retrouver la tentation de jouer avec les feuilles comme en cherchant des images « pollockiennes » ou « klimtiennes ».
Et puis on peut écouter Debussy Richter Cloches à travers les feuilles