Forêt et Givre féeriques

Parti en ballade par un jour d’hiver de brume et de froid, découvrant une forêt transcendée par le givre, le silence : la brume immobile se dépose sur les branches et les recouvre, jusqu’au plus fines d’une légère pellicule blanche. Moment de pure magie, hors du temps et du monde, dans une forêt de verre.

Lu dans Dersou Ouzala, récit d’une série d’explorations de l’est sibérien et d’une relation d’amitié entre le capitaine Arséniev (auteur des récits, topographe qui conduit les expéditions) et Dersou Ouzala (chasseur autochtone, « golde ») qui décrit aussi les relations de ces deux personnages avec la nature, je suis absolument agnostique mais en lisant cette phrase j’ai repensé à ce moment dans la forêt « givrée »: « Il est de ces instants où l’homme s’emplit de vertu et entre en communion avec Dieu. Cela ne peut s’exprimer par les mots, il faut l’avoir ressenti dans sa chair, privilège réservé à qui sait placer la contemplation de la nature au-dessus des plaisir de la ville….« . [Dersou Ouzala, Vladimir Arseniev, page 572, éditions Transboréal. Nouvelle traduction. 2021]

Quelque chose de ressenti aussi autrefois lors de mes randonnées dans les Pyrénées, à un moment, immergé dans « la nature », faisant partie de la nature qui cesse d’être un paysage.

Brouillard sur le Canal (Caen à la mer)

Matin tôt, lever de soleil, il fait froid et la température de l’eau est supérieure à celle de l’air. La brume s’élève et les rayons du soleil jouent avec les vapeurs qui montent, et déstructurent le paysage.

Et puis pour finir, un petit pommier et ses fleurs, presque aussi subtile qu’une orchidée.

Lever de soleil sur le canal – soleil en fusion

Une jeune femme contemplait le lever du soleil ce matin. Il faut dire la lumière était magnifique, je l’avais aperçue « à l’aller ». Le soleil était particulièrement rougeoyant ce matin, rappelant, derrière le vieux refroidisseur de l’usine métallurgique disparue les épisodes flamboyant des coulées, quand le ciel était rouge feu au-dessus du « plateau ».

La lumière était plus douce juste avant le lever du soleil, le ciel s’éclaire, une légère brume se lève, et stagne au-dessus de l’eau et du sol, en écharpes.

Un peu hors du monde…

Carte postale – Suisse Normande un jour d’hiver

Il fait plutôt gris, humide, une petite bruine, ou de la brume qui mouille, parfois un peu de soleil voire un beau rayon qui illumine un chemin creux, tout brille. Le ciel change, qui dit que les ciels normands sont gris ? Je me demande combien il y a de mots pour gris en normand ?

Dans la brume – Clécy, les rochers du Parc

C’est peut-être le flou qui rend le mieux l’impression du promeneur dans la brume, du haut du viaduc qui enjambe l’Orne, la brume estompe toutes les formes et les couleurs.

Quelques images (nettes) de la vallée de l’Orne vue des Rochers du parc, un peu noyée dans la brume qui se dissipe peu à peu.

 

Baie du Mont Saint Michel (Noir et Blanc)

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La brume fait parfois qu’il est difficile de voir le Mont Saint Michel dans la baie, elle monte et entoure les remparts, et masque le Mont à ceux qui sont dans la baie. Ce jour là j’ai pu entrevoir Tombelaine, avant que le soleil ne fasse son apparition entre les pans de nuages et de brume.

La baie se modifie considérablement,  le cours des rivières (la Sélune et la Sée) est détourné par des bancs de sable importants, et l’on ne peut plus vraiment faire le tour du Mont, au moins aller voir la partie nord, sinon en traversant des plaques de vase assez dissuasives.

Mont Saint Michel : intérieur nuit – lever du jour

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Court passage au Mont Saint Michel : « magie » de la nuit, « magie » du lever du jour, « magie » de la brume…. « magie » de la baie même quand on ne peut le voir derrière la brume. Il y a un prix à payer, on a essayé de me vendre un verre de chocolat chaud à 5 euros…. on a dû me prendre pour un riche chinois….