L’été le débit de l’Orne est toujours assez bas pour permettre de descendre dans les biefs sans trop se mouiller les pieds, cette fois-ci bien sûr l’eau est très très basse, encore un peu et les biefs seraient complètement à sec, il n’entre plus d’eau du tout, et l’eau stagnante manifestement s’évapore peu à peu. Hélas comme partout ailleurs du jamais vu.
Les feuilles des marronniers qui poussent sur les murs sont desséchées, comme grillées
Commencé comme un jeu en temps de confinement : le ciel, de ma fenêtre, à différentes heures du jour, du matin ou du soir, puis dans un rayon de 1Km, et quelques ajouts plus tardifs.
Un jeu avec les couleurs, les teintes des ciels, variables, complexes, en introduisant des monochromes aux couleurs issues de ces ciels pour jouer avec les limites, pour chercher le moment où le monochrome se perd dans le ciel. Et un clin d’œil aux carré# sur fond#.
Peut-être aussi un jeu avec le temps, dans l’opposition du ciel aux couleurs complexes, changeantes avec la course du soleil, ciel déjà changé, toujours là et jamais le même, versus le parfait monochrome, constant, comme une vaine tentative de nier le cours du temps.
Un jeu sur la limite, en ces temps de dérèglement climatique : comment savoir que l’on n’a pas encore dépassé la limite ultime de la planète quand la limite est parfois si difficile à percevoir ?
Plus simplement 25 haikus sur la course du soleil, le ciel et les nuages.
Au cours d’une balade en forêt, attiré par des arbres tombés, en cours de décomposition dont l’écorce se fracture, se dissout, comme des œuvres abstraites. Première livraison.
Un stock de grumes au détour du chemin, et en parcourant une forêt que je connais bien la découverte d’un nouveau chemin d’exploitation qui découpe la forêt et éventre un sol de sable et de graviers. Ça commence comme un chemin tracé pour un débardage, et ça continue comme une « trans-amazonienne » aux proportions de la forêt de Saint Martin de Sallen (sur 3 km). Craintes pour la forêt ? Il y a quelques années toute une parcelle, là où sont déposées les grumes, a été coupée à blanc.
Quelques photos de fleurs de pommiers, dont je me dit parfois qu’elles ont quelque chose d’aussi intrigant que les orchidées. Alors malheureusement sans le talent de Mapplethorpe, une tentative de rendre quelque chose de la fleur du pommier.
Les plages normandes sont à la fois des lieux touristiques esthétiques et des endroits porteurs d’une mémoire tragique. Si la lumière s’y prête cela peut être très beau.
Par un temps humide, passage dans un des vieux cimetières de Caen, le cimetière des Quatre-Nations (référence aux quatre paroisses qui créèrent le cimetière en 1785 [wikipédia]), qui n’est plus qu’un lieu de promenade, sorte de ruine urbaine en plein air, où la végétation et les pierres brisées des tombes de la bourgeoisie caennaise du XIXème siècle composent un environnement harmonieux.
Quelques photos
Et puis il y avait cette pierre tombale, brisée, sans nom, sur laquelle on avait déposé une fleur de crocus, amenée spécialement ? (je n’ai pas trouvé le plant de crocus dont elle aurait pu être retirée).
Quelques photos prises entre Villers sur Mer et Houlgate, au pied des falaises dites des Vaches Noires
Les « Vaches noires » auraient été nommées ainsi parce que les blocs noirs, tombés des falaises et plus ou moins malmenés par la mer feraient penser, vus de la mer, à des vaches sur la plage. C’est ce que l’on dit, pourquoi pas ?
Parti en ballade par un jour d’hiver de brume et de froid, découvrant une forêt transcendée par le givre, le silence : la brume immobile se dépose sur les branches et les recouvre, jusqu’au plus fines d’une légère pellicule blanche. Moment de pure magie, hors du temps et du monde, dans une forêt de verre.
Lu dans Dersou Ouzala, récit d’une série d’explorations de l’est sibérien et d’une relation d’amitié entre le capitaine Arséniev (auteur des récits, topographe qui conduit les expéditions) et Dersou Ouzala (chasseur autochtone, « golde ») qui décrit aussi les relations de ces deux personnages avec la nature, je suis absolument agnostique mais en lisant cette phrase j’ai repensé à ce moment dans la forêt « givrée »: « Il est de ces instants où l’homme s’emplit de vertu et entre en communion avec Dieu. Cela ne peut s’exprimer par les mots, il faut l’avoir ressenti dans sa chair, privilège réservé à qui sait placer la contemplation de la nature au-dessus des plaisir de la ville….« . [Dersou Ouzala, Vladimir Arseniev, page 572, éditions Transboréal. Nouvelle traduction. 2021]
Quelque chose de ressenti aussi autrefois lors de mes randonnées dans les Pyrénées, à un moment, immergé dans « la nature », faisant partie de la nature qui cesse d’être un paysage.