Auteur : cboisnardphotographies
Éloge du coquelicot [4] et de l’églantine – Éloge de l’ombre
Au cours d’une balade dans la baie du Mont Saint Michel, il faisait très chaud, du coup une attention spéciale aux fleurs qui se trouvaient à l’ombre. En faisant le tri, entre deux interventions sur les fichiers RAW, me vient le titre d’un livre : Eloge de l’ombre, Tanizaki Junichiro. Une phrase à propos des objets en laque dont il dit qu’ils étaient « … conçus pour être devinés, dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse, qui, par instant, en révèle l’un ou l’autre détail, de telle sorte que, … il suscite des résonances inexprimables » . Eloge de l’Ombre p 43.
ça leur va très bien, l’ombre, aux coquelicots et aux églantines. Je crois bien que l’églantine est la fleur que je préfère, la délicatesses de la simplicité parfaite.
Éloge du coquelicot [3] (Nous voulons des coquelicots)
Les petites promenades du matin, pendant le « confinement », et l’après midi avec mon père, m’ont fait rencontrer des coquelicots, qui m’ont semblé plus rouges cette année (allez savoir pourquoi) à l’exception de ces coquelicots roses sur un chantier, comme je n’en avais jamais vu. Alors poursuivons l’éloge des coquelicots, la fleur « gratuite » par excellence, fragile et insistante, qui revient quand on ne l’attend pas, sorte de mauvaise conscience, la nature incontrôlable, qui revient par les talus, les murs un peu délaissés.
La Bataille [3 suite]
Il y a quelque chose de fascinant dans le spectacle de la reconquête du terrain par la végétation. Celle-ci semble exploser ces deux dernières années, elle dévore l’usine et en ce printemps troublé, cela a quelques chose d’un rappel : « Vous n’êtes que de passage ».
Depuis mon précédent passage le niveau de l’Orne a sensiblement baissé.
La Bataille [3] (Nature vs Usine) La cathédrale engloutie
11 mai 2020, « déconfinement » (un mot qui n’existait pas….) première grande balade autour de Clécy, du Vey, passant pour finir par la filature de « La Bataille ». La végétation explose et semble commencer à prendre le dessus, il y a beaucoup de vent, une quasi tempête, je reste au bord…. prudence est mère de sureté, nous sommes dans des temps de prudence…. Quelques photos quand même. Je projette d’y retourner incessamment profiter de l’exubérance de la nature dans son assaut contre les restes de l’usine. Celle-ci a par endroits, sous certains angles, des airs de cathédrale engloutie, de temple qui perd la bataille contre une nature qui l’envahit.
Des travaux ont eu lieu pour aménager l’accès à l’eau sur les devant de l’usine, y aurait-il des projets ?
En Forêt (et ce qu’il en reste)
Anna-Eva Bergman – Passages
En même temps que l’exposition Hartung à Paris, le Musée des Beaux Arts de Caen proposait une exposition d’œuvres de Anna-Eva Bergman, son épouse dans le cadre du festival « Les Boréales ». Même si les dimensions n’ont rien de comparables (il y avait 300 œuvres à Paris) l’exposition Anna-Eva Bergman n’était pas moins intéressante, non pas en tant que « expositions d’œuvres de l’épouse de… » mais parce que les œuvres exposées étaient passionnantes. Un regard puissant sur le grand nord, une certaine forme d’abstraction figurative.
Et puis il y a la « Barque noire », qui apparaît comme un condensé de barque, dans une exposition sous le signe des « Passages », un archétype de barque. Qui sont les passagers : Dante et Virgile ? entre deux lieux, qu’emportent-ils ? Espoirs, objets, souvenirs personnels, familiaux ? Migrants en danger ? La vie de Hartung et Bergman bousculée par l’histoire sous le signe du voyage et des changements de nationalité….
Ou bien la barque du nocher ?
Entre les deux montagnes
Filage – Et en même temps – Caravelle Project
Présentation aux Ateliers Intermédiaires, d’une étape de travail, création en cours, par Caravelle Project, compagnie associée aux AI.
« Et en même temps » (un spectacle qui ne doit rien à notre président) : monologue à partir d’un texte d’un auteur russe, les choses ne sont pas tout à fait ce que l’on affecte de penser ce qu’elles sont, ou ce que l’on aimerait qu’elles soient, des trains qui arrivent ou partent à l’heure par exemple (souhait ardent de tout voyageur Caennais quand il arrive pour prendre son train à Caen ou à Paris), même notre corps et notre cerveau ont des comportements incontrôlés (incontrôlables ?) et cela finit par être désagréable. Mais pas ce monologue acide à l’humour contenu, 2ème degré qui n’en a pas l’air, qui interroge, comme un travail philosophique en action.
Quelques photos, en couleur
En noir et blanc
Une création de Caravelle Project
Interprétation : Ambjörn Elder ; Mise-en-scène : Mélodie Etxeandia ; Scénographie : Noémie Geron ; Composition : Jean-Louis Hennequin ; Création sonore et Composition : Perig Villerbu ; Création lumière : Damiano Foà ; Mapping et conception vidéo : Dimitri Blin.
texte : Evgueni Grichkovets Евгений Гришковец traduction d’ Arnaud Le Glanic












